Blue Moon

1934 Jazz Manouche swing 1 grille

Crédits

Richard Rodgers
Compositeur
Lorenz Hart
Parolier

À propos de ce morceau

Blue Moon est une chanson populaire américaine publiée en 1934, composée par Richard Rodgers sur des paroles de Lorenz Hart. Son histoire est particulièrement inhabituelle. La mélodie fut initialement destinée au film Hollywood Party de la MGM, sous le titre "Prayer", mais le numéro fut supprimé. Hart écrivit ensuite de nouvelles paroles pour le film Manhattan Melodrama (1934), dans lequel la mélodie apparut finalement sous le titre "The Bad in Every Man", interprétée par Shirley Ross. À la suggestion de l'éditeur musical Jack Robbins, Hart retravailla une nouvelle fois les paroles, donnant naissance à la ballade romantique "Blue Moon".

Django Reinhardt enregistra Blue Moon le 2 mars 1935 à Paris, lors d'une séance remarquable avec le saxophoniste ténor américain Coleman Hawkins et l'orchestre de Michel Warlop. Cet enregistrement, portant le numéro de matrice OLA 346-1, réunissait également Stéphane Grappelli au piano, et non à son habituel violon. Cette formation internationale associait plusieurs figures importantes du jazz français à l'un des saxophonistes américains les plus influents de l'époque du swing.

Musicalement, Blue Moon associe une mélodie mémorable et légèrement mélancolique à une harmonie élégante et accessible. Sa forme classique AABA de 32 mesures repose sur des progressions récurrentes I–vi–ii–V, offrant une base naturelle à l'improvisation. Le pont contrastant introduit des mouvements harmoniques plus aventureux. À l'origine une ballade romantique, la chanson peut être interprétée lentement et avec émotion, ou transformée en un arrangement swing énergique.

Pour les musiciens de jazz manouche, Blue Moon illustre parfaitement la manière dont une chanson populaire américaine a intégré la tradition du jazz européen. L'enregistrement de Django en 1935 témoigne des liens étroits entre le swing parisien et le jazz américain. Ses progressions harmoniques familières se prêtent naturellement à l'accompagnement des guitares acoustiques et au rythme de la pompe. Sa structure offre également de nombreuses possibilités de substitutions d'accords, d'ornementations mélodiques et d'improvisation.

Quelques anecdotes :

  • Avant de devenir Blue Moon, la même mélodie connut plusieurs versions de paroles, notamment "Prayer" et "The Bad in Every Man". Cette dernière fut utilisée dans le film Manhattan Melodrama de 1934, mais la version définitive de Blue Moon n'y figurait pas.
  • La chanson devint rapidement un succès auprès des orchestres de danse, notamment grâce à l'enregistrement de Glen Gray et du Casa Loma Orchestra en 1934.
  • En 1961, le groupe doo-wop The Marcels transforma cette ballade romantique en un succès vocal rapide et ludique, atteignant la première place des classements aux États-Unis et au Royaume-Uni.
  • Trois enregistrements différents de Blue Moon, interprétés par Bobby Vinton, Sam Cooke et The Marcels, figurent dans la comédie horrifique An American Werewolf in London, sortie en 1981.
  • Depuis environ 1990, Blue Moon est l'hymne du club de football Manchester City, chanté par ses supporters avant et pendant les matchs.

De ses débuts inhabituels à Hollywood aux enregistrements parisiens de Django Reinhardt, en passant par les succès doo-wop et les stades de football, Blue Moon a parcouru un chemin remarquable. L'alliance de sa beauté mélodique et de ses riches possibilités harmoniques continue de séduire les musiciens de jazz, les chanteurs et les auditeurs du monde entier.

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